Lundi 17 mai 2010
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MAMMOUTH, HYPER SENSIBLE
Je ne sais pas quoi dire de ce film. A première vue, un monument de lourdeur et de maladresse. Le lendemain, on ne se souvient que ‘une histoire profondément
humaine, que d’acteurs entraperçus comme filmés par une caméra invisible tant ils sont vrais, émouvants, autour d’un DEPARDIEU jupitérien.
Pendant la projection, on s’irrite de ces plans saccadés, de ces couleurs criardes, de ces scènes tronquées, de ces arrêts sur image qui montrent un DEPARDIEU figé
dans on ne sait quelle attente, de cette musique naïve et sans grâce.
Le lendemain on se souvient seulement de quelques moment uniques comme il en arrive dans la vie : la scène du caddie, la scène de
l’homme couché dans le supermarché, la scène de la branlette, la scène de la poursuite à la Thelma et Louise, la scène de POELVORDE, celle de Yolande MOREAU épelant son nom au
téléphone, et… celle, qui vous cueille, du retour au bercail……
Pas bavard, MAMMOUTH. Que des bribes, des mots simples jetés comme ça, comme dans la vie.
Une grande mélancolie traverse le film (il est dédié à Guillaume) et chacun la ressent comme si c’était la sienne, ce mal de vivre qui envahit notre société
enrégimentée.
Non, MAMMOUTH, il ne faut pas croire, c’est pas CAMPING 2.
Par Miss Comédie
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Mercredi 5 mai 2010
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14:19
ARDITI, LE DUBOIS IDÉAL ?
MARIVAUX était-il un people quand il a écrit LES FAUSSES CONFIDENCES ?
En tout cas, il l’est devenu. Cette pièce fait le tour du monde et des salles, inlassablement.
Aux CÉLESTINS de Lyon, PIERRE ARDITI et ANOUK GRIMBERG dans ces rôles mythiques. Mise en scène classique de Didier BEZACE.
Quand je débutais dans le métier, j’entendais mes camarades comédiens parler du rôle de Dubois comme du rôle idéal. Ils voulaient tous travailler
Dubois, comme nous les filles, on voulait travailler Célimène.
Pierre ARDITI est un Dubois impeccable. Mais Anouk GRINBERG… Quelle idée d’en avoir fait Araminte ? Elle a toutes les nuances du jeu
physique, c’est une comédienne sensible, sincère. Mais sa voix est celle d’un titi parisien, on ne comprend strictement rien à ce qu’elle dit, elle crie pour se faire entendre, comme sa
suivante MARTON, elle aussi sortie de la cour de récré du lycée Montaigne. Manque de métier. Mépris de l’enseignement des bases élémentaires de la technique du comédien.
Maintenant, on monte sur scène comme on se lance dans la photo ou la musique, juste parce que ça fait envie. Apprendre les bases, pffftt ! pas la
peine. On est doué. On a l’instinct. Et ben ça suffit pas au théâtre. Au ciné, oui, ça peut suffire. Mais pas au théâtre. Pierre ARDITI, quand il murmure
« oui madame », on l’entend clairement jusqu’au dernier rang d’orchestre.
Bon, dans l’ensemble c’est un beau spectacle respectueux de l’inimaginable machination inventée par ce machiavélique Marivaux.
Par Miss Comédie
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Lundi 18 janvier 2010
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Oui, on est en plein suspense.
Première étape : LE SUSPENSE.
J’ai l’air fin, moi avec mes projets, que j’ai eu le tort de vous annoncer trop tôt.
Cette pièce dont je vous annonçais le making-off, et bien ça piétine, mon metteur en scène et premier rôle est aux abonnés absents. J’espère
toutefois qu’il n’a pas renoncé à ce projet, qui était un très beau projet ma foi, et qui nous promettait bien du bonheur.
Maintenant écoutez bien ! Cette entrée en matière qui peut sembler pessimiste, est déjà l’avant-propos du récit lui-même. Je
m’explique : tout projet théâtral ou cinématographique se doit de passer par les stades successifs de l’incertitude, du doute, des problèmes d’argent,
du risque de capotage, du renoncement puis du rattrapage de l’un ou l’autre des intervenants, pour arriver, si tout va bien, à poser la première pierre qui est en l’occurrence, soit la Première
Répétition, soit le Premier Tour de Manivelle.
Un parcours initiatique, finalement.
Donc, restons dans le suspense pour l’instant et regardons autour de nous le monde qui tourne, et la terre qui tremble. Nous regardons les images de Haïti
comme on regarde un film d’horreur. Mais la réalité est inregardable.
A bientôt !
Miss Comédie
Par Miss Comédie
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Lundi 17 août 2009
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« Je me souviens des trois Evéchés, Metz, Toul et Verdun. » Comment ? Il n’y avait que trois évéchés à l’époque ? Et moi je me souviens que le département des Alpes de Haute Provence s’appelait les
Basses-Alpes, et les Pyrénées Atlantique s’appelaient les Basses Pyrénées, on a changé les noms pour une question de susceptibilité. Georges PEREC me donne le « ça me revient » avec son « Je me
souviens »… A bientôt, mes très chers et lointains amis, MISS COMEDIE
Par Miss Comédie
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Lundi 23 mars 2009
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09:18
Pas vraiment un millésime, mais des miettes de souvenirs des moments qui faisaient ma vie de comédienne. De bons souvenirs, malgré tout.
Du temps de
l’ORTF les comédiens défilaient aux Buttes-Chaumont, plus précisément rue des Alouettes, pour décrocher un rôle dans les dramatiques.
Les bureaux affichaient sur la porte le nom de la production en cours de casting, et c’était excitant au possible. Le bouche à oreille marchait mieux qu’Internet : »n’y va pas, ils cherchent
des filles de moins de vingt ans ». ou : « apporte des photos en blonde, ça se passe en Suède ».
En général les rôles importants étaient déjà distribués. Mais dans ce métier, tout est bon à prendre, même la pub, quoi que…à l’époque beaucoup d’entre nous estimaient que faire de la pub c’était
comme si Bjon Börg se mettait au ping-pong.
La rue des Alouettes était un miroir à mille facettes où l’on espérait entrevoir notre image.
Mais c’était aussi un lieu de rencontres inattendues, d’échanges de tuyaux, de connivences inespérées. On pouvait y trouver un rôle, mais aussi un amoureux. On se serrait les coudes.
Comme aux Assedic, quand il fallait pointer rue Ballu et qu’on se retrouvait dans la même queue avec Jean Maris qu’on appelait Jeannot, Lino Ventura qui faisait la gueule et tous nos copains. On se
marrait bien. On était pourtant là parce qu’on n’avait pas de boulot. Des intermittents du spectacle, on était… On n’en faisait pas une pendule.
C’était une époque facile et joyeuse.
Par Miss Comédie
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