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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 14:35

 

 

Affiche-1.jpgLOS ANGELES, janvier 2012. Cérémonie des Golden Globes.

    jean_dujardin_oss_117_reference.jpgÊchappant à la foule qui se  presse  devant le Beverly –Hilton  de Beverly Hills, Jean DUJARDIN fonce vers sa limousine, entraînant par la main sa fiancée Alexandra LAMY.    Le chauffeur referme les portières et démarre.

Dans l’habitacle, le couple  découvre  avec stupeur qu’un troisième passager est assis sur la banquette qui leur fait face.

Alexandra s’exclame : « Mais c’est ton sosie ! »

 

L’inconnu s’adresse   à DUJARDIN : «  My name is VALENTINO, Rudolph VALENTINO. »

« Pleased to meet you, répond poliment le lauréat de THE ARTIST, qui est quand même sur la défensive.

«  Je parle français, savez-vous ?  Ma mère était française. Félicitations pour votre  trophée.  Je suis fier de mon  interprète, qui s’appelle d’ailleurs George VALENTIN dans le film ! Valentino.jpg

DUJARDIN réalise :

«  Bon dieu, c’est vrai !  

«    Vous avez vu tous mes films pour composer votre personnage ?

«   Euh, non, à vrai dire…  J’ai seulement vu « Le Fils du Cheik » où vous êtes tellement maquillé que…

« Ce film  ne pouvait pas vous être  utile pour votre  rôle.  Il fallait voir  The Wonderful Chance , où  je joue un danseur malchanceux qui rencontre le succès tardivement.  Vous auriez été frappé par notre ressemblance.

 

DUJARDIN éclate de rire.

« Je ne vous ressemble pas du tout !   Je suis viril, moi !

 

  iLAMY.jpgAlexandra  LAMY  insinue :

«  Si, si, il y a quelque chose…   Mais toi, tu es un « Valentino qui rit » !

Si tu te maquillais, avec un turban, et que tu prennes un air tragique, tu pourrais tourner un remake du  Fils du Cheik !

 

DUJARDIN n’est pas d’accord.

« Ce n’est pas parce que THE ARTIST  raconte l’histoire d’un acteur du cinéma muet, qu’il faut faire l’amalgame !    VALENTINO n’a jamais tourné de film parlant. On ne sait même pas s’il parle juste. 

«  Son visage est très expressif, comme le tien !

«  Sauf qu’il ne rit jamais !   Il a peut-être les dents gâtées.

 

VALENTINO proteste :

«  Moi ?  J’ai une dentition splendide, regardez ! (il montre ses dents immaculées)  Quant à vous, monsieur DUJARDIN,  vous riez tellement  que jamais on ne vous confiera de rôles dramatiques, vous êtes un clown !

 

DUJARDIN le prend  très mal.

«  Un clown qui a un GOLDEN GLOBE ! Vous avez eu combien de Golden Globes ?

«  A mon époque il n’existait pas encore ces mascarades où l’on se congratule tout en se haïssant !

 

DUJARDIN suffoque.

« Après une cérémonie où tout le monde s’embrassait !couple.jpg

 

VALENTINO  sans ménagement :

« Oui, on embrassait les vainqueurs …  Mais cette pauvre  Bérénice BEJOT qui était votre exquise partenaire, pas une  récompense ! 

« En tant qu’épouse du réalisateur, on aurait  crié au  favoritisme …

 

Alexandra LAMY est sous le charme de Rudolph VALENTINO.  Elle lui prend la main :

«  Vous êtes mort très jeune, je crois ?

« Oui, à 31 ans.  C’était en 1926,  alors que le premier film parlant allait me donner une nouvelle  chance…     ou me condamner à l’oubli.  Et voilà que vous reprenez le flambeau.

 

DUJARDIN a son sourire éclatant :

«    Vous auriez été magnifique dans ce rôle !   

 VALENTINO soupire :

« Oui, c’était un peu mon histoire… mais moi, je n’avais pas de chien !

 

Ils éclatent de rire.    Jean DUJARDIN  ému, tend la main mais ne rencontre que le vide.

Le chauffeur stoppe devant l’hôtel, descend de voiture et ouvre les portières.

Le couple DUJARDIN descend  le  premier  et attend VALENTINO, mais le chauffeur remonte dans la limousine sans ouvrir la deuxième portière.

Il démarre avec l’ombre de Rudolph VALENTINO  restée sur la banquette arrière.limousine.jpg

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commentaires

Isabelle 24/01/2012 09:10

Funny !
On va voir le film ce soir a Barcelone. Je te dirai...
Bises

  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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