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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 08:26

Le bureau de MAXIME
MAXIME, THOMAS

LA CONFESSION DE MAXIME
LUI se lève, contourne son bureau, se plante devant son fils, les bras ballants.
Elle t’a dit ça ?
THOMAS
Oui.
LUI
Elle bluffe.
            THOMAS
Arrête ton char, tu sais très bien qu’elle dit la vérité.  C’est d’ailleurs la seule chose à faire, dans sa situation.
LUI
Mais elle aurait pu m’en parler !
THOMAS
Tu ne voulais plus lui parler, rappelle-toi, rappelle-toi...
LUI
Ah, ça suffit !  (Il parle en marchant de long en large)
Alors cette pauvre idiote a cru que je tenais absolument à guérir ma toux, comme un papy, une toux que je traîne depuis dix ans et qui vient du tabac, c’est notoire !  Je le vois bien, maintenant, qu’elle vient du tabac, ma toux, et je continuais à aller chez ce... conn... ce salaud de médecin pour faire comme elle, pour arpenter encore cette salle d’attente où je l’avais vue pour la première fois.
Et j’étais en train de me faire manipuler.  Et je continuais à aligner mes chèques pour le seul plaisir de retourner m’asseoir dans cette pièce grise et sale, avec ce demi fou allergique aux microbes et cette allumée du sac à main...
(Il retourne vers son fils)
Elle a cru que j’étais assez bête pour me faire avoir par un docteur de mes deux !  Elle n’a pas compris que je venais pour elle, parce que je l’aimais comme un fou !  Aachhh….. (Il tousse)
Et tu crois que je vais avoir le coeur à aller à Megève faire le clown sur les pistes, tout seul comme un con ?
Autrefois j’y allais pour toi, mon fils, mon Thomas, je t’emmenais à l’école de ski, et puis je te faisais faire la descente de Princesse, tout ému de te voir si petit sur tes petits skis, et nous n’en finissions pas de reprendre le tire-fesse l’un derrière l’autre, pour descendre cette petite pente qui te mettait en joie, tu riais au éclats, souviens-toi, quand tu tombais du haut de tes trois pommes sur ton derrière...
J’étais heureux, à l’époque, j’avais perdu ma femme mais j’avais un but : c’était toi, te rendre heureux.
Maintenant...
THOMAS
Maintenant je suis toujours là, papa.
LUI
Les jours sont comptés.  Déjà tu t’échappes, Megève pour toi ce n’est plus le ski avec ton vieux père, c’est la planche avec tes copains.  C’est normal, j’aurais dû le voir venir....
THOMAS
Maintenant tu as Sonia.
LUI
C’est trop tard.  Elle m’a vu comme j’étais : un vieux con.  Elle a raison de partir.  Je lui aurais rendu la vie impossible.  Je l’oublierai.
THOMAS
           Tu ne veux pas faire un petit geste ?
LUI
Quel geste ?   Un vieux con bêlant c’est pire que tout. Faire un geste... pfff.
THOMAS
Elle n’attend que ça.

(A suivre)

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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