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LES AMOUREUX DE LA SALLE D'ATTENTE - scène 12

La sale d’attente.
LA DAME, LE PETIT HOMME, LE MARI

ALERTE AUX MICROBES !


VOIX DE L’ASSISTANTE
Madame Dufour !
La dame se lève précipitamment  et passe dans le cabinet.  Le petit homme se retrouve seul.  Il se  lève et va ouvrir la fenêtre.  On entend les bruits de la rue. Il va se rasseoir sur sa chaise et au bout d’un moment, se déplace d’une chaise.

LE PETIT HOMME  marmonnant
Les miasmes de la rue vont bouffer ceux des femelles.  Ils ont l’avantage du nombre...

Il pousse un ricanement sardonique et se replonge dans l’immobilité et le silence.  Au bout d’un moment on entend la sonnette.  Bruit de porte, voix d’homme.
Entre un homme petit, trapu, le visage rond et jovial, qui salue à la ronde.  C’est le mari de la dame.

LE MARI, regardant autour de lui
Mais elle n’est pas là !
VOIX DE L’ASSISTANTE, par la porte restée entrouverte
Madame Dufour est reçue en ce moment par le docteur.
LE MARI
Ah, je comprends.  Je vais l’attendre.
Il s’assied, se déboutonne, regarde le petit homme avec curiosité, se penche vers la table basse, saisit un magazine.



LE PETIT HOMME
N’y touchez pas. Elles les ont contaminées et avant elles, des centaines d’autres femmes contagieuses.
LE MARI
Mais...  Quelle maladie...?
LE PETIT HOMME
Toutes !  Les vénériennes, les génétiques, les microbiennes ! Oxyde d’azote, dioxyde de soufre et de carbone…  Les microbes prolifèrent !... (il crie) Nous n’y échapperons pas ! Vous savez combien de maladies ils vont nous transmettre ? Entre 15 et 20 millions !...Les victimes ?  Surtout des hommes... 
(il s’essuie le front avec son mouchoir, reprend sa respiration)

LE MARI (l’air affolé)
Que faut-il faire ?
LE PETIT HOMME chuchotant
Il faut essayer de différer notre mort.  Prenez de très courtes aspirations...  Economisez vos mouvements...
Ne touchez à rien de suspect...Faites le mort.  Rentrez en vous-même.  Soyez sur vos gardes.  Constamment... constamment...(de plus en plus bas) Constam... const... (tout en parlant il se rasseoit et se tasse sur lui-même.
LE MARI, ratatiné sur sa chaise
Oui... d’accord... d’accord...
 
Le petit homme est retombé dans son mutisme.  Son menton repose sur sa poitrine comme s’il dormait. Le silence s’installe, aucun des deux ne fait un mouvement.

(A suivre)

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