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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 09:14

Un soir de janvier 1974, j’ai vu l’impensable : ensemble sur un plateau , cinq personnages mythiques.  Enfin, à l’époque ils étaient mythiques.
Jeanne MOREAU, Delphine SEYRIG, Gérard DEPARDIEU, Samy FREY et Michaël LONSDALE,  ensemble, c’est tout (bon, on peut encore écrire « ensemble c’est tout » sans tout de suite penser à.)
Réunis sur la scène de l’Espace Cardin  par Claude REGY (le sixième mythe) pour jouer une pièce énigmatique de Peter HANDKE : LA CHEVAUCHEE SUR LE LAC DE CONSTANCE.
On n’en croyait pas ses yeux :
Les deux actrices rivalisaient d
e beauté.
Je commence par Delphine SEYRIG parce qu’elle est morte et parce que c’est ma préférée.
Elle était maquillée à outrance, ses cheveux blonds étaient montés en dôme mousseux cerclé d’or et souligné d’un ruban de velours noir.
Sa robe était de mousseline couleur de lune, strassée, irisée, fluide et mouvante autour de son corps. Vous imaginez (enfin, ceux qui l’ont connue) ce qu’elle pouvait en faire.
Jeanne MOREAU était en noir.  Maquillée à outrance elle aussi, coiffée d’un haut diadème scintillant d’étoiles. Sa robe était de velours piqué de perles.
Gérard DEPARDIEU avait vingt ans !  Son visage juvénile était blanc, sa bouche d’un rouge violent. Il portait un smoking noir et une chemise à jabot, c’est bien la seule fois où je l’ai vu élégant.
Samy FREY était d’une beauté inouïe.  Il l’est resté, d’ailleurs. Mais là, il était si jeune !  Il jouait avec sa belle dans une chemise blanche rentrée dans un simple pantalon noir.
Et Michaël LONSDALE avait déjà la stature pontificale et le verbe rocailleux.
Voilà.  Aucun d’eux n’a quitté la scène pendant les deux heures de spectacle.  Le public n’a rien compris à la pièce, mais était bouche bée.  Jamais on ne reverra une chose pareille.

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  • Miss Comédie
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

Si vous aimez mon blog, vous aimerez mes livres:

- Sa lente traversée du mois d'aout

- Les bals de Douvres

- La dictée de Bunuel

- Collisions d'étoiles

Aux éditions le Manuscrit.

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