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SOUVENIRS MILLESIMES

Micheline ROZAN,  suite

J’étais une toute jeune fille et j’avais cru Albert Camus immortel.
Je l’avais rencontré plusieurs fois, à son bureau des Editions Gallimard ou bien à l’hôtel Montalembert  tout proche  (rassurez-vous, sur une table du restaurant, ça se faisait beaucoup à l’époque, Sartre c’était au Flore, Camus au Montalembert) et  j’en étais tombée raide dingue. Il aurait pu être mon père, mais quel père !
Du jour au lendemain, plus d’Albert Camus. Ca nous a fait un choc terrible, à Micheline Rozan et à moi, à elle beaucoup plus, bien sûr, ils étaient si proches.   Il y a eu une période de flottement,  et puis j’ai décidé à ce moment-là de me lancer dans le théâtre et de prendre des cours. J’ai quitté  CIMURA et Micheline Rozan.
Nous nous sommes perdues de vue  et lorsque j’ai fait mes premiers pas sur une scène, je ne l’ai pas mise au courant.   Elle n’est jamais venue me voir jouer et c’est tant mieux, car on ne peut pas prendre au sérieux sa secrétaire qui fait du théâtre.  Chaque chose à sa place, non ? C’est ce qu’elle aurait dit.  Et elle m’aurait traitée d’amateur, évidemment.
D’ailleurs, elle aussi avait quitté CIMURA et était devenue productrice.  Jusqu’au jour où elle découvrit  ce théâtre en ruines, les Bouffes du Nord, et où elle en fit  le grand œuvre de sa vie.

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