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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:18
Micheline Rozan  (suite)


Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris que j’avais assisté à un combat de fauves.
Camus le philosophe plongeait tout-à-coup dans l’univers polymorphe du théâtre.  Il avait écrit l’adaptation des POSSEDES et il s’était mis en tête de la monter et de la mettre en scène lui-même.  Un travail de Titan !  Mais plus difficile encore, bizarrement, fut la recherche d’un théâtre.  Oui !  Lui, l’écrivain célèbre adulé des milieux littéraires,  courtisé par les médias, ‘ précédé de la meilleure  démarcheuse de Paris, Micheline Rozan, s’est vu renvoyer son manuscrit par la plupart des directeurs de théâtre, exactement comme ils m’ont renvoyé les miens !
J’entendais Micheline Rozan batailler au téléphone,  essayant de séduire ces monarques qui étaient, pour la plupart, ses ami(e), et je ne comprenais pas bien les raisons ni les enjeux.
Certains exigeaient que Maria Casarès fût en tête de la distribution. Or, Camus en avait décidé autrement.
D’autres trouvaient la pièce trop longue (3h) et trop ardue.
Ce fut après des mois d’opiniâtreté que Micheline Rozan arriva à convaincre  Simone Berriau d’ouvrir son théâtre à ce monument.
Ce fut donc au Théâtre Antoine que les POSSEDES d’Albert CAMUS virent le jour, le 30 janvier 1959  avec une distribution pas piquée des hannetons : Pierre Blanchar, Pierre Vaneck, Michel Bouquet, Tania Balachova, Catherine Sellers, Charles DENNER dans le rôle de Liebiadkine ! et j’en passe,  ils étaient 33 !.
Pour les beaux yeux d’Albert CAMUS, Micheline ROZAN s’est défoncée, je l’ai vue, mais je comprenais son ardeur, car qui ne se serait pas défoncée pour cet homme si beau et si haut !
Ce fut son dernier effort pour lui, hélas.   Le 4 janvier 1960, faut-il le rappeler,  un dérapage malvenu nous priva de ce chevalier de l’absurde.

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  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir.

Albert Camus
 «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.»

Jean-Luc Godard :
« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. »

Marguerite Duras :
« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »
  • Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus «Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux dîners en ville car c'est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité , jouez la comédie.» Jean-Luc Godard : « Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras : « Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

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- La dictée de Bunuel

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