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Le théâtre, le cinéma et la littérature racontent des histoires faussement imaginaires dont nous sommes les héros sans le vouloir. Albert Camus :« Je donne au théâtre un temps que je refuse avec obstination aux diners en ville car c’est le lieu de la vérité. Pour vivre dans la vérité, jouez la comédie. » Jean-Luc Godard :« Il y a le visible et l’invisible. Si vous ne filmez que le visible, vous faites un téléfilm. » Marguerite Duras :« Ecrire, c’est ne pas parler, c’est se taire, c’est hurler en silence. »

SOUVENIRS MILLESIMES

Il y a  quelque chose dans une pièce de théâtre qui compte autant que le décor, la lumière et le jeu des acteurs : ce sont les saluts.
Oui, les saluts !  Tous les metteurs en scène n’en font pas un morceau de bravoure, comme l’a fait Jean-Louis Thamin  pour Les Fourberies de Scapin on répétait les saluts comme  on répétait les scènes, au millimètre. 
Ca donnait un final  chorégraphié sur une musique sicilienne, ce devait être superbe à voir, nous formions  un défilé dansant qui faisait  halte devant le public puis repartait en coulisses pour revenir faire encore quelques figures et dans mon souvenir il n’y avait pas de distinction de rôles, chacun à  son tour se détachait du groupe et venait saluer seul, très rapidement, avant de reprendre sa place dans la ronde. C’était étudié pour durer le temps des applaudissements,  les figures se reproduisaient à l’infini.
Ce perfectionnisme m’a marquée.  Depuis, chaque fois que j’assiste à une pièce de théâtre, j’attends les saluts avec impatience.  Est-ce qu’ils signeront une œuvre parfaite ?  c’est souvent non, hélas. Les comédiens arrivent en trombe du fond du plateau, ils se mettent en ligne en se donnant la main,  ils respectent la préséance des rôles principaux à qui ils laissent les places du centre, et ils se cassent en deux en cadence, ils repartent en courant vers les coulisses, et ils ressortent dans un ordre différent, en riant et se poussant, c’est un beau désordre..
Les saluts les plus chiadés font revenir les comédiens deux par deux en commençant par les moins importants, pour laisser le triomphe aux deux derniers qui plongent en révérence avec plus ou moins de grâce mais toujours une vraie allégresse, même s’ils ont été médiocrement applaudis.  Ouf, la pièce est finie.
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