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SOUVENIRS MILLESIMES

Un autre souvenir de Festival : celui d’Avignon.
Beaucoup moins drôle que Carpentras.   D’abord parce qu’on était une petite troupe de débutants, à l’époque, et qu’on avait pas d’argent.  On s’était cotisés pour la location de la salle et pour le reste on s’était débrouillés avec les moyens du bord, chacun avait confectionné son costume, et les décors étaient l’œuvre commune.
Nous logions à l’extérieur d’Avignon, dans un appartement vide prêté par un copain. Nous étions cinq, venus de Paris dans l’Ami 6 de Michel tapissée des affiches du spectacle.
Nous jouions « Le Sofa » de Crébillon Fils, une petite farce coquine en costumes d’époque (mais de quelle époque ? On n’aurait pu dire…)  et nous étions mis en scène par Robert Sireyjol qui avait bien voulu nous donner un peu de son temps
 Pendant les deux semaines du Festival chaque journée se passait à arpenter les rues d’Avignon en arborant des banderoles pour faire de la retape.
Il fallait aussi coller des affiches partout, et après le spectacle contrôler si elles n’avaient pas été recouvertes.  Dans ce cas, on en collait d’autres et on en profitait  pour recouvrir celles des copains.
C’était crevant. 
L’humeur s’en ressentit très vite.  Ca grinçait dans le dortoir où l’on réglait nos comptes, histoire de se défouler un peu, chacun s’endormant dans son coin en rongeant son frein.
On aurait pu croire que nous serions brouillés à vie, après cette expérience.  Et bien pas du tout, trenteans après nous sommes toujours en affection.   Ceux-ci sont restés dans mon coeur alors que bien d’autres partenaires  ne sont que des souvenirs brumeux.
Avignon en période festival est une ville-poubelle, je ne vous apprend rien, tout le monde le sait.
Et pourtant chaque année c’est la ruée.  Le Festival Off a volé la vedette au In, on peut encore y faire des découvertes et s’amuser un peu.
A l’époque on ne recensait que quelques centaine   de spectacles Off alors qu’aujourd’hui  on arrive au chiffre ahurissant de mille …
Dans des années-là  les festivaliers pouvaient  entrer, au son des trompettes qui leur donnait le frisson, dans la cour d’honneur du Palais des Papes  pour assister à quelques spectacles magiques où soufflait l'esprit de Jean VILAR.










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