Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 11:23
ART   de Yasmina Reza  1994)

MARC
Serge, tu n’as pas acheté ce tableau deux cent mille francs ?
SERGE
Mais mon vieux, c’est le prix !  C’est un Antrios !
MARC
Tu n’as pas acheté ce tableau deux cent mille francs !
SERGE
J’étais sûr que tu passerais à côté.
Par Miss Comédie - Publié dans : Archives
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 11:15

VU DU PONT  (Arthur Miller)

La pièce a fait un tabac lors de sa création à Paris, avec Raf Vallone dans le rôle principal.
La mise en scène était de Peter Brook, je crois même que c’était sa première mise en scène en France, c’était en 1958 au Théâtre Antoine.
La presse fut unanime.  Je prends une critique au hasard, celle de Robert Kemp dans Le Monde :

        « Une pièce qui nous met KO.
        Je prédis un long succès.  La pièce porte, elle a la taille et l’élan
        d’un bélier.Elle bouscule l’indifférence, elle bouscule l’esprit.
        Ce n’est pas une pièce fine, de psychologie souple et ténue.
        Sa brutalité rappelle le ring. 
        Et puis, quant à l’originalité d’un sujet, nous en reparlerons un
        autre jour, à la naissance d’une autre œuvre.
        Seulement, la main qui l’a pétrie est une main virile et résolue,
        une main qui se crispe en poing.  Et voilà, elle nous met KO.
        Arthur Miller, sans y songer, commence à la façon d’Euripide :
        un large monsieur en pardessus beige s’avance :  « Je suis Alfieri
        l’avocat.  J’ai assisté à l’affaire et connu le bonhomme.  Il est
        ceci, cela, et vous allez voir ! »
        Ma foi tant pis, va pour Euriipide, qui animait  les sujets les plus
        sanglants.   Celui-ci le sera. »
        (Le Monde)

Drôle de prose.  Et drôle de critique.  Pas un mot pour Vallone, qui le méritait.
D’autres critiques l’ont encensé.  
Pourrait-on dire que c’est une bonne critique ?  Il ne s’est pas mouillé.


Le rideau tombe sur la première semaine de mon blog.  Je vous retrouve
dès lundi pour de nouvelles aventures de ROSE et de Miss COMEDIE...
Bonne fin de semaine, chers spectateurs !

Par Miss Comédie - Publié dans : Nouvelle vague d'actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /Déc /2008 13:11

LA CHANTEUSE DE BLUES ENTRE EN SCÈNE À NOUVEAU


YANN
Cette beauté va nous porter chance, tu verras.
CHRIS
Avant de commencer, je voudrais savoir... Donc, nous pouvons nous rencontrer ici un soir sur deux...
YANN
Oui, puisque tu es pris toute la journée et que ta femme a du mal à se passer de toi tous les soirs.
 CHRIS
Il faut la comprendre... Elle s’occupe du bébé toute seule, elle ne voit personne.  Le soir, elle est heureuse de me retrouver, de me parler...
YANN
Bien sûr, je comprends... Mais ta carrière  ?  Elle y pense, à ta carrière ?  Ca demande des sacrifices, pour un scénariste comme pour un marin pêcheur...
CHRIS, baissant la tête
Oui.
YANN
Nous avons toi et moi une chance incroyable de nous être rencontrés.  Tu es ma chance et je suis ta chance. Alors, allons-y à fond !  Non ?
CHRIS
Oui, oui, tu as raison. Un soir sur deux, tu peux compter sur moi.
YANN
Cette femme, quand elle va revenir chanter, regarde-la bien.  Essaie d’imaginer une histoire autour d’elle. Tu verras, c’est facile : elle est fascinante.
Moi, j’ai déjà des images qui tournent dans ma tête... C’est vague... Je ne me souviens plus très bien de son regard... A-t-elle un regard ? 



A ce moment entre le groupe de musiciens et ROSE.  Ils vont se replacer sur l’estrade, et après un rapide coup d’oeil sur les deux clients et quelques mots échangés à voix basse, ils attaquent un morceau assez enlevé pour lequel ROSE reste un long moment appuyée au piano sans chanter, esquissant à peine le rythme d’un mouvement des hanches.
Puis  le rythme s’alanguit et le blues revient, la jeune femme s’avance le micro à la main, l’approche de sa bouche et commence à chanter doucement.

(vous imaginez Vanessa Paradis ? Ca pourrait
être elle.)

Par Miss Comédie - Publié dans : Archives
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /Déc /2008 13:08
Oui à la sortie de TARTUFFE j’étais pressée de rentrer  chez moi pour relire la pièce.
On oublie à quel point Molière avait du génie.  Il a balayé le champ entier de la faiblesse humaine. Il est descendu au plus profond de l’abîme de nos vices cachés. Rien ne lui a échappé. Et il nous a tendu le miroir, pour que l’on puisse en rire jusqu’à la fin des temps.
Avec tendresse, il a mené ses personnages jusqu’au bout de la déchéance sans jamais moraliser.
A travers ses vocables et ses tournures aujourd’hui disparus, nous comprenons tout et nous rions aux larmes.
   
 Il a su trouver les ressorts éternels du rire.   Le rire peut-il se démoder ?  De certaines pièces on dit « elle date
On ne rit plus trop des finesses de Guitry, encore moins de celles de Barillet et Grédy, plus du tout de celles de Marcel Achard, mais Molière ! Toujours aussi bidonnant.
En y réfléchissant, et toujours après avoir revu ou relu Molière, on se dit que c’est navrant.
Quoi, il n’y aurait plus d’auteur comique vivant ou mort, comparable à Molière ?  

J’entends d’ici la horde des défenseur des Pinter, Saunders, Beckett, Ionesco, Obaldia et même Tchékov,
Oscar Wilde, et j’en oublie plein.
Et je rajoute Yasmina Reza, que je tiens pour notre nouveau Molière avec deux pièces qui sont des sommets de comédie , une allégresse : ART et LE DIEU DU CARNAGE.
Oui, mais Molière…..

Par Miss Comédie - Publié dans : Nouvelle vague d'actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /Déc /2008 13:04
Les matinées classiques sont le cauchemar du comédien.  Il n’y a pas de public plus terrifiant que les enfants des écoles.
Une fois à Aubervilliers, nous jouions dans la salle des Fêtes devant une centaine d’ élèves de 6ème de la communale.  Au moment de commencer, impossible de les faire taire. Les profs étaient impuissants.
Nous avons joué les trois premières scènes dans le chahut.
Quand ce fut mon tour d’ entrer en scène  en riant, comme d’habitude,  tout de suite j’ai reçu le premier boulon sur le bas de ma robe.
J’ai ignoré, comme il se doit.  Mais un deuxième boulon a atterri sur le dos de Géronte qui a fait un bond en avant.
Là, mon rire n’arrivait pas à couvrir ceux de ces  chenapans en délire. Il pleut des boulons sur le plateau.
J’ai arrêté de rire.  Scapin a déboulé sur le devant de la scène. Il a frappé quelques coups sur le plancher avec le brigadier de service et dans le silence relatif qui a suivi, il a parlé.
« La troupe arrête de jouer.  Nous reprendrons le spectacle lorsque l’ordre et le silence seront revenus. »
Il les a regardés bien en face, alors qu’ils applaudissaient et sifflaient en chœur.
Puis il a tourné les talons et le rideau est tombé.
Nous n’avons pas repris le spectacle, car les profs ont fait sortir les élèves, comprenant bien qu’ils ne pourraient rien en tirer ce jour-là.

Cette mise en bouche théâtrale ne m’a pas découragée, bien au contraire. J’ai joué beaucoup de pièces par la suite, mais celle-ci est restée gravée dans ma mémoire avec la précision d’un coeur gravé dans l’écorce d’un arbre.
Par Miss Comédie - Publié dans : Nouvelle vague d'actualités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés