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« L’imagination est plus importante que le savoir » Albert Einstein

MODERATO CANTABILE de Marguerite Duras (1958)

MODERATO CANTABILE de Marguerite Duras (1958)

MODERATO CANTABILE  de Marguerite Duras (1958)

 

Encore un livre oublié dont la subtile violence nous avait peut-être échappé... Une leçon d’érotisme à mots couverts.

Comment faut-il jouer la sonatine de Diabelli ?

Moderato cantabile.  L’enfant sait mais refuse de répondre. Modéré et chantant.  A la prof impatientée il oppose un front buté. Sa mère sourit, attendrie.

Quelques lignes limpides ouvrent le récit, des phrases lapidaires entrecoupées de silence, une scène de vie quotidienne très banale dans une ambiance « modérée et chantante »,  aucun signe d’une fatalité rampante… même après que l’on eût entendu le Cri.

La suite est beaucoup moins limpide.

Marguerite Duras y déploie déjà superbement son penchant pour la tragédie et surtout pour l’alcool.

La dame au petit garçon va entamer un long cheminement initiatique autour de ce cri,  et du crime passionnel qu’elle va découvrir, dans ce café qui sera le lieu de sa rencontre avec l’Homme.

Qui est cet homme, qu’elle ne connaît pas, mais qui semble la connaître ? Que sait il, lui, sur ce crime impressionnant qui va devenir le motif obsessionnel de leurs rencontres ?

Ces rencontres vont devenir les étapes d’une liaison énigmatique qui se dévoile peu à peu, à coups de verres de vin, toujours plus avidement consommés au rythme d’un désir aussi intense que dissimulé.

La braise sous la cendre !

 

A la première lecture, j’avais adoré. Un charme fou se dégageait de ces questions sans réponse, de ce mystère non élucidé qui s’étire interminablement dans une rencontre sans lendemain.

Plus tard ce suspense purement littéraire m’était apparu comme un procédé et m’avait lassée.

Le dernier chapitre, lui, est un vrai morceau d’anthologie.

L'enfant n’est plus avec sa mère.

L’homme et la femme vivent un moment émotionnel très fort, presque sans parole, laissant le lecteur à bout de souffle, hanté par cette dernière question : pourquoi ce renoncement ?

A chacun sa réponse.

Et si le désir inassouvi était la meilleure et plus voluptueuse réponse à un amour impossible ?

Miss Comédie

 

La photo ci-dessus est tirée du film de Peter Brook sorti en 1960, MODERATO CANTABILE, avec Jeanne Moreau et Jean-Paul Belmondo, scenario et dialogues signés Marguerite Duras.

(Pour le casting, il y avait mieux que Bebel, qui n’est pas vraiment un symbole de refoulé sexuel... à mon avis.)

 

 

 

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